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7 septembre 2026 Westimmo

Protection sociale de l’expatrié à Maurice : ce qu’on perd, ce qu’on garde

Sécurité sociale, chômage, retraite : ce qui s'arrête net à l'expatriation à Maurice, ce que la CFE permet de garder, et les cotisations mauriciennes.

Le départ à Maurice entraîne l’extinction automatique des droits à l’Assurance Maladie française, sans qu’aucune convention bilatérale de sécurité sociale ne prenne le relais : Maurice ne figure pas sur la liste des pays ayant signé un tel accord avec la France, contrairement à un voisin régional comme Madagascar. Santé, chômage et retraite ne suivent pas la même logique de rupture, et chacun de ces trois risques doit être sécurisé séparément avant le départ. Les démarches pratiques du départ sont détaillées dans notre guide des démarches dans l’ordre ; le retour, qui déclenche ses propres délais, fait l’objet d’un article dédié.

Ce qui s’arrête net dès le départ

Selon France Diplomatie, les droits ouverts auprès de l’Assurance maladie de la sécurité sociale sont automatiquement échus du fait de l’expatriation. La carte Vitale reste un document d’identification, mais elle ne donne plus accès à aucun remboursement une fois l’expatriation effective. Les allocations familiales suivent une logique de résidence : la Caf conditionne leur versement à une présence effective en France, avec un seuil précis, une absence cumulée supérieure à 92 jours par année civile suspend la plupart des prestations familiales.

Pas de convention avec Maurice, donc pas de continuité automatique

Le Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale (Cleiss) recense les pays ayant conclu une convention bilatérale avec la France. Hors Union européenne, la liste comprend notamment le Maroc, le Sénégal, le Canada, les États-Unis, l’Inde ou Madagascar, mais pas Maurice. En l’absence d’un tel texte, aucune coordination n’existe entre les deux régimes : ni transfert de droits, ni double compte des périodes cotisées, ni prise en charge croisée des soins.

La CFE, seule option pour garder une continuité volontaire

La Caisse des Français de l’étranger (CFE) est un organisme de sécurité sociale volontaire, ouvert à tout Français résidant hors de France, salarié, indépendant, sans activité, retraité ou étudiant. Elle couvre trois risques : maladie-maternité, accidents du travail et maladies professionnelles, et vieillesse. Une affiliation dans les douze mois suivant le départ permet une prise en compte rétroactive et évite toute carence de couverture. Au retour, les adhérents CFE conservent leurs droits pendant trois mois, le temps de basculer vers un régime français classique. Beaucoup complètent la CFE par une assurance santé privée ou l’accès à une clinique sur place, un sujet traité dans notre guide de l’assurance santé et des cliniques à Maurice.

Chômage : tout dépend de qui signe le contrat

France Travail distingue deux situations. Si l’employeur reste basé en France, l’affiliation à l’assurance chômage française continue comme pour un salarié en poste sur le territoire, cotisations comprises. Si l’employeur est une société étrangère ou mauricienne, l’affiliation devient facultative : rien n’oblige cet employeur à cotiser au régime français, et la plupart ne le font pas. Au retour, l’inscription comme demandeur d’emploi doit intervenir dans les douze mois suivant la perte de l’activité à l’étranger, et le calcul des droits ne retient que les cotisations versées à France Travail sur les quatre trimestres précédant la fin du contrat.

Retraite : les années à Maurice ne comptent pas, sauf adhésion CFE

L’Assurance retraite est directe sur ce point : pour un pays sans convention, la pension française est calculée sur la seule base de l’activité exercée en France. Les années travaillées à Maurice sans affiliation CFE n’apportent aucun trimestre au régime général, quelle que soit leur durée. La CFE reste le seul mécanisme permettant de continuer à valider des trimestres pendant l’expatriation, dans les mêmes conditions que pour une activité exercée en France.

Ce qu’on gagne côté mauricien : la Contribution sociale généralisée

Depuis septembre 2020, la Contribution sociale généralisée (CSG) a remplacé le National Pensions Fund mauricien, selon la Mauritius Revenue Authority. Elle s’applique par tranche de salaire mensuel : 1,5 % de retenue salariale et 3 % de part employeur jusqu’à 50 000 roupies, puis 3 % et 6 % au-delà. Les salariés étrangers y sont en principe assujettis comme les résidents, avec deux exceptions listées par la MRA : les employés d’entreprises exportatrices pendant leurs deux premières années de résidence, et les titulaires d’un permis de travail sur un projet financé à plus de 50 % par des fonds étrangers. Le détail par statut, salarié, dirigeant ou indépendant, est traité dans notre article sur les cotisations sociales à Maurice.

Sécuriser son profil selon sa situation

Un salarié détaché par une entreprise française conserve, dans la plupart des cas, chômage et retraite français grâce à la cotisation de son employeur d’origine ; sa priorité est de vérifier ce point dans son contrat avant le départ, un sujet abordé dans notre guide pour négocier son package d’expatriation. Un salarié recruté directement par une structure mauricienne perd cette continuité : il cotise à la CSG locale, dans le cadre fixé par son contrat de travail mauricien, mais doit envisager la CFE pour ne pas interrompre sa retraite française. Un indépendant ou un dirigeant de société mauricienne n’a, par défaut, aucune cotisation automatique nulle part : la CFE devient alors la seule digue contre une rupture complète de couverture santé et retraite. Un retraité n’est pas concerné par le volet chômage, mais perd également sa Sécurité sociale maladie dès l’installation ; la couverture sur place, entre système public et assurance privée, est détaillée dans notre article sur la santé des retraités à Maurice, et le traitement fiscal des pensions dans notre article sur la pension française à Maurice.

Erreurs qui coûtent cher

Les situations les plus coûteuses reviennent presque toujours au même schéma : partir sans avoir vérifié le statut d’affiliation chômage de l’employeur, laisser passer le délai de douze mois pour une affiliation CFE rétroactive, ignorer le seuil de 92 jours d’absence qui suspend les prestations Caf, ou confondre une assurance santé privée souscrite à Maurice avec une continuité de droits français. Ces quatre points se vérifient avant le départ, pas après.

Questions fréquentes sur la protection sociale à Maurice

Ma carte Vitale reste-t-elle utilisable après mon départ ?

Elle reste un identifiant administratif utile lors d’un séjour temporaire en France, mais un droit ouvert doit être réactivé, par exemple via la CFE ou un nouvel employeur ; elle ne donne accès à aucun remboursement pendant l’expatriation elle-même.

Le seuil de 92 jours d’absence s’applique-t-il aussi à l’aide au logement ?

Non, la Caf applique un seuil distinct pour l’aide au logement : 122 jours d’absence cumulés par an, contre 92 jours pour les autres prestations familiales.

La durée du contrat mauricien change-t-elle ces règles ?

Non. C’est le statut de l’employeur, pas la durée du séjour, qui détermine la continuité du chômage français, et l’absence de convention avec Maurice s’applique dès le premier jour d’expatriation.

La CSG mauricienne ouvre-t-elle des droits à la retraite française ?

Non : en l’absence de convention entre les deux pays, les cotisations versées à Maurice restent dans le système mauricien et ne sont pas prises en compte par le régime français.

Sources et vérifications

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