
Acheter pour louer en saisonnier à Maurice : licence, fiscalité et rentabilité réelle
Louer en saisonnier à Maurice exige une licence Tourism Authority et une taxe touristique depuis 2025 : ce qu'un acheteur doit vérifier avant de signer.
Louer un bien à des touristes de passage n’est pas une simple option de gestion locative à Maurice : c’est une activité réglementée par la Tourism Authority, et depuis le 1er octobre 2025 elle implique la collecte d’une taxe touristique de 3 euros par nuit et par voyageur de plus de 12 ans. Avant de calculer un rendement, un acheteur doit d’abord vérifier qu’il a le droit d’exercer cette activité sur le bien précis qu’il vise — c’est ce point, plus que le calcul financier, qui fait la différence entre un projet solide et un dossier qui se bloque après l’achat.
La licence de la Tourism Authority, préalable à toute location touristique
Selon le site du gouvernement mauricien, la location de logements aux touristes relève de deux catégories de licences délivrées par la Mauritius Tourism Authority. Le Tourist Accommodation Certificate a remplacé, suite à une modification de la loi en 2015 (Finance and Miscellaneous Provisions Act), l’ancienne licence qui couvrait les hôtels, guesthouses et résidences touristiques. Le Tourist Enterprise Licence, lui, s’adresse à toute autre activité fournissant des biens ou services à des touristes moyennant rétribution. Les deux relèvent du Tourism Authority Act.
Concrètement, un bien loué à des touristes sans l’une de ces deux autorisations est en infraction, que la location passe par une plateforme comme Airbnb ou Booking ou par un contact direct. La vérification se fait avant l’achat, pas après : un bien qui ne peut pas obtenir la licence — parce que la copropriété l’interdit ou parce que le zonage ne s’y prête pas — n’a pas la valeur locative que son vendeur annonce.
La taxe touristique, obligatoire depuis le 1er octobre 2025
La Mauritius Revenue Authority a été chargée de la collecte d’une taxe touristique de 3 euros par nuit, due par tout touriste âgé de plus de 12 ans séjournant dans un hébergement touristique. Elle s’applique depuis le 1er octobre 2025. Les gestionnaires d’hébergements déjà en activité devaient s’enregistrer auprès de la MRA avant le 25 septembre 2025, et l’obligation reste permanente pour tout nouvel exploitant : chaque mois, une déclaration doit indiquer le nombre de touristes assujettis, les enfants exemptés et les montants collectés.
Sont exemptés de cette taxe les enfants de moins de 12 ans, les résidents mauriciens, les Mauriciens de la diaspora munis d’un passeport mauricien, ainsi que les détenteurs d’un Premium Visa ou d’un permis de résidence valide. Pour un acheteur qui reprend un bien déjà loué en saisonnier, cela signifie hériter d’une obligation de déclaration mensuelle active, pas d’un simple supplément facturé au client.
Quel bien peut réellement être loué en saisonnier
La possibilité légale de louer dépend d’abord du statut du bien. Les schémas ouverts aux étrangers (PDS, IRS, RES, appartements en immeuble d’au moins deux étages) autorisent en général la location, y compris touristique — les seuils de prix et les conditions précises de chaque schéma sont détaillés dans le guide comparatif des schémas d’achat neuf à Maurice et dans le cadre légal d’achat pour un étranger.
Mais l’autorisation nationale ne suffit pas : dans un immeuble en copropriété, le règlement de copropriété ou le syndic peut restreindre ou interdire purement et simplement la location de courte durée, indépendamment de ce que permet la loi. C’est le point le plus souvent découvert trop tard par un acheteur, et il est traité en détail dans notre guide sur l’Airbnb en PDS : la même prudence s’applique à toute copropriété, PDS ou non.
Saisonnier ou longue durée : deux économies différentes, pas deux variantes du même calcul
La location longue durée à Maurice dispose de données de marché suivies région par région, avec des fourchettes de rendement brut sourcées — voir les chiffres du rendement locatif par ville. Rien d’équivalent n’existe, à ce jour, pour la location saisonnière à Maurice : aucune série officielle ne permet de chiffrer un rendement moyen fiable par région, faute d’un échantillon suivi et comparable. Traiter ce point avec un chiffre inventé serait plus trompeur qu’utile.
Ce qui distingue réellement les deux modèles, c’est la structure de coûts. La location longue durée génère un loyer stable, peu de vacance, une gestion légère. La location saisonnière peut générer un revenu par nuitée plus élevé en haute saison, mais elle porte une vacance réelle en basse saison — la période cyclonique de janvier à mars pèse structurellement sur le taux d’occupation —, des frais de ménage à chaque rotation, une commission significative prélevée par les plateformes de réservation, et la charge administrative de la taxe touristique et du renouvellement de licence. Un rendement saisonnier annoncé sans ces postes de coûts n’est pas un rendement, c’est un chiffre d’affaires brut.
Dans quels cas ce modèle a du sens
Le modèle saisonnier tient la route quand trois conditions sont réunies : une localisation avec une fréquentation touristique réelle et étalée sur l’année plutôt que purement saisonnière, une gestion confiée à un professionnel ou à un propriétaire suffisamment présent sur place pour absorber les rotations, et un budget qui encaisse sans tension la vacance de la basse saison. Les zones à forte densité touristique comme Grand Baie, Flic-en-Flac, Trou-aux-Biches ou Belle Mare concentrent l’essentiel de la demande de location courte durée, portée par un flux touristique en croissance : Maurice a enregistré 1 436 250 arrivées touristiques en 2025, en hausse de 3,9 % par rapport aux 1 382 177 arrivées de 2024, selon Statistics Mauritius.
À l’inverse, un bien isolé, une copropriété mal informée de ses propres règles, ou un acheteur qui compte gérer les rotations à distance depuis l’étranger sans relais local, sont des signaux qu’il vaut mieux orienter le projet vers la location longue durée, plus prévisible.
Les erreurs qui coûtent cher
Signer avant d’avoir vérifié auprès du syndic ou du gestionnaire de la copropriété que la location de courte durée y est autorisée. Commencer à louer via une plateforme sans avoir obtenu le Tourist Accommodation Certificate ou le Tourist Enterprise Licence, en pariant que l’infraction passera inaperçue. Sous-estimer la vacance réelle de la basse saison dans une projection de revenus. Oublier que reprendre un bien déjà loué en saisonnier signifie reprendre aussi son obligation de déclaration mensuelle à la MRA, pas seulement ses réservations en cours.
Comment sécuriser l’achat avant de signer
Demander au vendeur ou au syndic le règlement de copropriété et vérifier noir sur blanc qu’il ne restreint pas la location de courte durée. Contacter la Tourism Authority avant la promesse de vente pour confirmer la faisabilité de la licence sur ce bien précis. Budgétiser le coût et le délai d’obtention de la licence dans le plan de financement, pas seulement le prix d’achat. Prévoir dès l’achat un gestionnaire local — agence ou conciergerie — capable d’absorber les rotations et la déclaration mensuelle de la taxe touristique, plutôt que de découvrir cette charge après la première réservation.
Sources et vérifications
Vous envisagez un projet immobilier ?
Échangeons sur votre projet à l’île Maurice
Westimmo vous accompagne dans l’analyse, la sélection et la sécurisation de votre projet immobilier à Maurice.