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27 septembre 2026 Westimmo

Acheter à Maurice : quelles preuves de l’origine des fonds le notaire et la banque demandent

Dès 500 000 roupies, notaire et banque doivent vérifier l'origine des fonds d'un achat immobilier à Maurice. Seuils, documents attendus et cas des acheteurs étrangers.

Pas de virement ni de remise d’espèces sans justificatif : dès qu’un achat immobilier à Maurice atteint 500 000 roupies — soit la quasi-totalité des transactions — le notaire qui rédige l’acte et la banque qui reçoit ou prête les fonds doivent vérifier qui paie et d’où vient l’argent. Cette obligation découle de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act (FIAMLA) et de ses règlements de 2018, sous la supervision de la Financial Intelligence Unit (FIU) de Maurice.

Pourquoi le notaire et la banque posent ces questions

La FIAMLA classe l’achat et la vente de biens immobiliers parmi les activités exposées au blanchiment d’argent. Les barristers, attorneys et notaires qui préparent ou réalisent une transaction immobilière pour un client relèvent de ce texte, sous la supervision de la FIU, au même titre que les agents immobiliers. Chacun applique les mêmes obligations de vigilance envers le client : vérifier son identité par un document indépendant et fiable, et s’assurer que l’argent employé provient d’une source licite. Les banques mauriciennes appliquent le même cadre, détaillé dans la ligne directrice anti-blanchiment de la Bank of Mauritius.

Le seuil de 500 000 roupies qui déclenche la vérification

Le contrôle d’identité et d’origine des fonds devient obligatoire dès qu’une transaction unique, ou plusieurs transactions liées entre elles, atteint ou dépasse 500 000 roupies — un seuil que couvre en pratique tout achat immobilier. Le même texte interdit au notaire ou à l’agent d’accepter un paiement en espèces supérieur à ce montant, y compris en devise étrangère équivalente : au-delà, le règlement passe obligatoirement par un compte bancaire.

Ce qui compte comme preuve de l’origine des fonds

Ni la FIAMLA ni ses règlements ne fixent une liste unique de documents à produire : le notaire et la banque doivent obtenir des pièces indépendantes et vérifiables, proportionnées au profil du client et à la taille de la transaction. Dans ses lignes directrices pour les professions juridiques, la FIU cite, à titre d’exemples de preuve d’origine des fonds, les relevés bancaires, les actes de donation ou les documents de cession de parts. Pour un achat par un étranger, cela se traduit le plus souvent par les relevés du compte d’où part le virement, un justificatif de revenu ou d’activité (bulletins de salaire, avis d’imposition, extrait d’immatriculation pour un indépendant), et, si le capital provient d’une vente antérieure, d’un héritage ou d’une donation, l’acte ou le document qui l’atteste.

La règle spécifique aux acheteurs étrangers financés depuis l’étranger

Pour un achat sous le Property Development Scheme (PDS), l’Economic Development Board impose que l’argent d’un acheteur non-citoyen provienne de l’étranger et soit transféré à Maurice via une banque agréée sous le Banking Act, avant d’être versé au promoteur : 85 % du prix en roupies, les 15 % restants en devise ou en roupies. La banque du client doit produire une lettre certifiant avoir mené son propre exercice de KYC, jointe au dossier soumis à l’EDB. Si le prix dépasse 750 000 dollars américains et qu’un crédit est contracté auprès d’une banque mauricienne, les premiers 750 000 dollars doivent être transférés et payés en roupies, le solde étant financé par le prêt et remboursé en devise forte. Les fonds versés avant la signature de l’acte définitif transitent par un compte séquestre tenu par le notaire ou par une banque.

Le cas d’une personne politiquement exposée

Si l’acheteur, ou l’un des bénéficiaires effectifs derrière une société ou un trust, est ou a été une personnalité politique, un haut magistrat, un dirigeant d’entreprise publique ou un proche de l’une de ces personnes, le notaire et la banque doivent appliquer une vigilance renforcée : approbation de la relation par un responsable senior, mesures raisonnables pour établir non seulement l’origine des fonds mais aussi l’origine du patrimoine global du client, et surveillance accrue de la relation dans la durée. Cette règle s’applique aussi aux membres de la famille et aux proches associés d’une personne politiquement exposée.

Ce que risque un dossier incomplet ou une opération jugée suspecte

Un notaire ou une banque qui ne parvient pas à réunir les justificatifs nécessaires pour une vérification renforcée doit, selon les lignes directrices de la FIU, mettre fin à la relation d’affaires plutôt que de continuer sans preuve suffisante, et déposer une déclaration de transaction suspecte auprès de la FIU dans un délai de cinq jours ouvrables à compter du soupçon. Omettre cette déclaration constitue une infraction à la FIAMLA, punie d’une amende pouvant atteindre un million de roupies et d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans. Pour l’acheteur, la conséquence concrète est plus simple : sans dossier complet, l’acte n’est pas signé et le virement n’est pas exécuté.

Préparer son dossier avant de signer

Réunir les pièces en amont évite l’essentiel des retards constatés sur les dossiers d’acheteurs étrangers : relevés du compte d’origine sur plusieurs mois, justificatif de revenu ou de cession d’actif correspondant au montant transféré, pièce d’identité en cours de validité, et, pour un achat financé par emprunt, les documents demandés par la banque mauricienne pour son propre dossier de crédit — voir emprunter à Maurice en tant qu’acheteur étranger. Le virement doit partir d’un compte au nom de l’acheteur figurant à l’acte, transiter par une banque agréée à Maurice, puis par le compte séquestre du notaire — le rôle général de ce dernier est détaillé dans le rôle du notaire lors d’un achat immobilier à Maurice. Ce contrôle s’ajoute aux frais d’acte et aux droits d’enregistrement, décrits dans les frais d’achat immobilier à Maurice et dans droits d’enregistrement et frais de notaire, et aux étapes générales décrites dans acheter à l’île Maurice quand on est étranger. Pour un virement international, transférer son argent de Dubaï vers Maurice détaille le circuit bancaire à suivre.

Questions fréquentes

Un don familial peut-il servir de preuve d’origine des fonds ?

Oui, à condition d’être documenté : le notaire et la banque demandent alors l’acte de donation ou une déclaration écrite du donateur, ainsi que les relevés du compte duquel part le virement, pour vérifier que l’argent du donateur a lui-même une origine licite.

La vérification change-t-elle si l’achat se fait via une société ou un trust ?

Le contrôle porte alors sur les bénéficiaires effectifs : le notaire doit identifier la ou les personnes physiques qui détiennent ou contrôlent réellement la société, la fiducie ou la fondation acheteuse, et vérifier l’origine des fonds à leur niveau, pas seulement à celui de l’entité.

Ce contrôle retarde-t-il la signature de l’acte ?

Un dossier complet dès le départ ne retarde pas la signature : le blocage vient presque toujours de pièces manquantes ou d’un virement qui ne provient pas du compte déclaré à l’identité de l’acheteur.

Sources et vérifications

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