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1 octobre 2026 Westimmo

Jardin de Pamplemousses : ce qu’on y voit vraiment, et comment le visiter

Horaires, tarifs et visite du jardin botanique de Pamplemousses : nénuphars géants, palmiers, coin des épices, histoire et règles à connaître avant d'entrer.

Le jardin botanique Sir Seewoosagur Ramgoolam de Pamplemousses ouvre tous les jours, jours fériés compris, de 8 h 30 à 17 h 30. L’entrée coûte Rs 300 pour un visiteur étranger de 5 ans et plus, mais Rs 25 seulement pour le titulaire d’un permis de résidence, au même prix qu’un Mauricien de 5 à 59 ans. Ces tarifs sont ceux du site officiel du jardin au 1er octobre 2026 ; ils peuvent évoluer, à vérifier avant de partir.

Il faut savoir ce qu’on vient y voir. Ce n’est pas une réserve de flore sauvage : sur 823 espèces, 445 sont exotiques et 60 seulement endémiques. C’est un jardin d’acclimatation vieux de près de trois siècles, dont l’intérêt tient aux bassins de nénuphars géants, aux palmiers, au coin des épices et à l’histoire du lieu.

Ce qui vaut vraiment le détour

Les bassins de nénuphars et de lotus

Le bassin rectangulaire abrite le nénuphar géant d’Amazonie (Victoria amazonica), dont les grandes feuilles flottantes ont un bord relevé. Ses fleurs s’ouvrent en fin d’après-midi, deux jours de suite, et restent ouvertes jusqu’au milieu de la matinée suivante : blanc crème et parfumées le premier soir, roses le lendemain. Arriver en fin de journée, plutôt qu’à l’ouverture, donne donc une chance de les voir fraîches. Le jardin compte aussi au moins trois autres espèces de Nymphaea, blanches, roses ou bleues, et des bassins de lotus (Nelumbo nucifera), le lotus vénéré des hindous, en fleurs blanches, jaunes et roses.

Les palmiers

Le jardin est une palmeraie à grande échelle : quatre-vingts espèces, dont huit endémiques des Mascareignes. Le talipot (Corypha umbraculifera), originaire de l’Inde et de Sri Lanka, y est arrivé en 1825 avec le prince cinghalais Ehelepola, exilé à Maurice par les Britanniques. Il porte la plus grande inflorescence du règne végétal et meurt peu après avoir fructifié ; le premier sujet introduit a fleuri dans les années 1920. Le palmier royal a été introduit sous la direction de James Duncan, nommé directeur en 1849.

Le coin des épices et le jardin médicinal

Muscade, girofle et cannelle sont cultivés ici depuis juin 1770, quand Pierre Poivre a introduit les deux premières épices depuis l’île de Banda. Les premiers girofles ont fructifié en octobre 1776, la muscade en décembre 1778. Le coin des épices se trouve près de l’obélisque Liénard, à l’angle des avenues Labourdonnais et Liénard. Le jardin note que cette main-d’œuvre était largement servile : certains jardiniers esclaves, comme Rama, ont été envoyés former d’autres jardiniers dans les colonies françaises. Le jardin médicinal, créé en 1995 avec l’équipe technique agricole chinoise et restauré en mai 2009, rassemble environ 150 espèces sur 1 155 m².

Le Grand Bassin et les animaux

En traversant le pont de l’avenue Rochon, on arrive à un kiosque sur un îlot du Grand Bassin, un ancien marais parsemé d’îlots. La poule d’eau y vit sur les berges ; les îlots, couverts de papyrus, de ravenalas et de badamiers, servent de refuge aux oiseaux et ne sont pas accessibles. Le plan d’eau est riche en tilapias et en gouramis. Un enclos accueille des cerfs et des tortues géantes (Aldabrachelys gigantea). On croise aussi des perroquets, des canards, des tortues d’eau douce, et la chauve-souris Pteropus niger, seul mammifère endémique de Maurice, qui niche dans le jardin. Les espèces d’oiseaux citées par le jardin sont des oiseaux d’eau et des perroquets : pour les oiseaux endémiques, notre article sur l’observation des oiseaux endémiques à Maurice indique où aller.

Un peu d’histoire pour comprendre ce qu’on regarde

Le lieu commence comme un potager. Nommé gouverneur de l’Isle de France en 1735, Mahé de Labourdonnais achète l’année suivante le domaine de Mon Plaisir pour nourrir sa maison, Port-Louis et les navires de passage, et y fait venir le manioc du Brésil. La Compagnie des Indes reprend le domaine en 1739 et le plante de mûriers pour une sériciculture qui échoue. Le véritable créateur du jardin actuel est Pierre Poivre, intendant à partir de 1767, qui y acclimate muscadiers et girofliers rapportés des Moluques, puis le botaniste Nicolas Céré, directeur de 1775 à sa mort en 1810. C’est ce travail qui a fait la réputation mondiale de Pamplemousses, plus ancien jardin botanique de l’hémisphère sud.

Plusieurs repères se voient en marchant. Le château de Mon Plaisir, bâti en 1823, est classé patrimoine national et offre une vue sur la chaîne de Moka et le Pieter Both. Le portail en fer forgé, offert par François Liénard, est à son emplacement actuel depuis 1868. Le Pont des Soupirs date de la période française : la rivière Citron coule dessous et l’eau du canal Riley passe dessus. Le jardin abrite aussi les mémoriaux de Sir Seewoosagur Ramgoolam, premier Premier ministre de Maurice indépendant, dont il porte le nom depuis le 18 septembre 1988, et de Sir Anerood Jugnauth.

Tarifs et services

Entrée du jardin de Pamplemousses, tarifs publiés par le jardin (1er octobre 2026)
VisiteurTarif
Étranger de 5 ans et plus, sans permis de résidenceRs 300
Titulaire d’un permis de résidenceRs 25
Mauricien de 5 à 59 ansRs 25
Mauricien de 60 ans et plus, ou handicapéGratuit
Enfant de moins de 5 ansGratuit

L’entrée est gratuite pour les Mauriciens le dimanche et les jours fériés. Un guide agréé se paie directement à la fin de la visite : la page des services publie une grille de Rs 75 par visiteur de plus de 12 ans, gratuite en dessous, et une autre de Rs 50 à Rs 100 par personne selon la taille du groupe ; mieux vaut s’accorder sur le tarif avant de partir. Une voiturette avec chauffeur, pour trois personnes au maximum, fait un tour de 45 minutes : Rs 300 pour les adultes et les plus de 12 ans, Rs 100 pour les 5 à 12 ans. Le parking est gratuit, mais pas devant la grille d’entrée. Un fauteuil roulant est prêté gratuitement sur demande.

Les règles à connaître avant d’entrer

Le jardin demande de rester sur les chemins, de garder son ticket pour le présenter à la demande et d’être décemment vêtu. Il interdit de nourrir les animaux, de cueillir fleurs ou fruits, d’allumer du feu, de se baigner ou de pêcher, de jeter des pièces dans les bassins, de consommer de l’alcool ou de fumer, et de grimper sur les arbres, les monuments ou les bâtiments. Les visites officielles entraînent parfois une fermeture annoncée par la presse.

Organiser sa visite

Le jardin se trouve à environ dix kilomètres au nord-est de Port-Louis et couvre 33 hectares, avec 41 allées nommées. Il est donc plus agréable à faire par morceaux choisis que d’un bloc : bassins de nénuphars, palmiers, coin des épices, Grand Bassin. Un programme de réhabilitation est en cours depuis janvier 2024 (infrastructures, volet scientifique, volet culturel) ; certains espaces peuvent donc être en travaux, et le musée interactif prévu au château de Mon Plaisir n’est encore qu’un projet. Pour une sortie en famille, notre guide Vivre à Maurice avec des enfants replace le jardin parmi les autres activités. Pour comparer avec une flore réellement replantée, voir la Forêt d’Ébène à Chamarel.

Selon votre situation

Vous êtes de passage : comptez Rs 300 et privilégiez la fin d’après-midi pour les nénuphars. Vous êtes résident : avec un permis de résidence, l’entrée tombe à Rs 25, ce qui en fait une sortie bon marché pour une famille installée dans le Nord ; renseignez-vous à l’entrée sur le justificatif demandé. Vous cherchez encore où vous installer : le jardin est voisin de la ville nouvelle décrite dans Vivre à Beau Plan, et le Nord se compare dans notre guide Vivre dans le Nord de l’île Maurice. Pour les biens, voir l’immobilier à Grand Baie, les programmes neufs et les prix de l’immobilier à Maurice.

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