
Saison cyclonique 2026-2027 à Maurice : les alertes de classe I à IV, étape par étape
Classe I, II, III, IV : ce que chaque alerte signifie, ce que la loi change pour les salariés, ce que le Comité de crise peut interdire, et comment l’épisode Belal s’est déroulé en janvier 2024.
Lundi 15 janvier 2024, l’aéroport de Maurice ferme, les écoles restent closes, et le Comité national de crise ordonne à tout le monde de rentrer chez soi pour 20 heures. Le couvre-feu doit durer jusqu’à midi le lendemain. Tôt le mardi, la météo hisse l’alerte au niveau maximum, la classe IV ; à 14 h 10, elle annonce que toutes les alertes cycloniques sont levées. En trois jours, depuis la classe I du samedi 13 janvier, l’île a traversé tout le dispositif que cet article détaille : les quatre classes d’alerte, le bulletin de sécurité, la fin d’alerte, et les ordres que seul le Comité de crise peut donner.
Pour Maurice, la veille officielle de la saison cyclonique 2026-2027 court du 15 novembre au 15 mai ; les épisodes marquants se concentrent de décembre à mars. Il n’existe pas de classe 0 ni de « petite » alerte intermédiaire : il y a quatre classes officielles, numérotées de I à IV, et elles se mesurent en heures avant des rafales de 120 km/h, pas en puissance du cyclone. Voici, étape par étape, ce que chacune signifie, ce que la loi change pour les salariés, ce que l’on peut faire ou non, et ce qu’il faut avoir prêt. Dernière mise à jour : 21 octobre 2026, pour la saison 2026-2027.
Les quatre classes d’alerte, en un tableau
| Étape | Quand elle est émise | Ce que recommande Météo Maurice | Ce que dit le droit du travail |
|---|---|---|---|
| Classe I | 36 à 48 heures avant des rafales de 120 km/h | Kit d’urgence prêt, bulletins suivis à la radio et à la télévision, préparer les volets | Rien de particulier : on travaille |
| Classe II | Assez tôt pour laisser, autant que possible, 12 heures de jour avant les rafales | Vérifier le kit, stocker de l’eau potable, continuer de suivre les bulletins | Rien de particulier : on travaille |
| Classe III | Assez tôt pour laisser, autant que possible, 6 heures de jour avant les rafales | Terminer tous les préparatifs, éviter de sortir, rejoindre un centre de refuge si le logement n’est pas sûr | Le salarié peut s’absenter, payé au taux normal |
| Classe IV | Quand des rafales de 120 km/h sont enregistrées en certains endroits et doivent se poursuivre | Rester à l’intérieur, dans la pièce la plus sûre ; débrancher les appareils électriques | Idem classe III |
| Bulletin de sécurité | Pour lever la classe III ou IV, et informer des dangers qui subsistent | Ne pas sortir tant que les autorités n’ont pas donné le signal de fin | L’absence payée continue (art. 32(4)) |
| Fin d’alerte | Après une classe I, une classe II ou un bulletin de sécurité, sur avis du Comité national de crise : les risques extérieurs ont nettement diminué | Reprise de la vie normale, avec prudence | Fin du droit à l’absence payée, sous conditions de transport (voir plus bas) |
Ces définitions sont celles que Météo Maurice publie sur la page de son système d’alerte. Le tableau suffit pour comprendre le principe ; le reste de l’article explique ce qu’il y a derrière chaque ligne.
Existe-t-il une alerte 0 ?
Non. Avant la classe I, aucune alerte numérotée n’existe. Tant qu’un système tropical est loin ou qu’il s’éloigne, Météo Maurice le suit dans ses bulletins météo et sur sa page « Current Storm/Cyclone », et la vie suit son cours. C’est la classe I, émise 36 à 48 heures avant des rafales de 120 km/h, qui ouvre officiellement la séquence. Un ciel gris, une grosse averse ou la présence d’un cyclone à plusieurs jours de l’île ne sont donc pas une « alerte 0 » : ce sont des informations météo.
La nuance compte pour les visiteurs et pour les acheteurs. Un cyclone peut rester plusieurs jours dans l’océan Indien sans jamais déclencher la classe I, parce que sa trajectoire ne menace pas Maurice. À l’inverse, un système qui change de cap peut faire passer l’île de « aucune alerte » à la classe I en quelques heures.
Pourquoi les classes se mesurent en heures, pas en force du cyclone
C’est le point qui surprend le plus. Une classe ne dit pas « le cyclone est puissant » mais « vous avez encore tant de temps avant que le vent devienne dangereux ». Le repère est une rafale de 120 km/h, c’est-à-dire une pointe instantanée du vent en surface, enregistrée ou attendue. La classe I laisse 36 à 48 heures pour se préparer. La classe II vise 12 heures de jour devant soi. La classe III, 6 heures de jour. La classe IV signifie que le vent est là.
La conséquence est logique : deux systèmes très différents peuvent donner la même classe. Un cyclone intense qui passe à des centaines de kilomètres, sans jamais pousser de rafales de 120 km/h sur l’île, ne monte pas en classe III. Un système plus modeste qui frôle la côte peut, lui, déclencher la classe III puis la classe IV. L’intensité du cyclone, elle, se lit sur une autre échelle, celle des vents moyens.
| Nom du système | Vent moyen maximal estimé |
|---|---|
| Perturbation tropicale | jusqu’à 50 km/h |
| Dépression tropicale | 51 à 62 km/h |
| Tempête tropicale modérée | 63 à 88 km/h |
| Forte tempête tropicale | 89 à 117 km/h |
| Cyclone tropical | 118 à 165 km/h |
| Cyclone tropical intense | 166 à 212 km/h |
| Cyclone tropical très intense | plus de 212 km/h |
Une rafale dépasse toujours le vent moyen : une forte tempête tropicale, avec un vent moyen sous 117 km/h, peut donc produire des rafales de 120 km/h et plus. C’est pourquoi une « simple » tempête peut valoir une alerte de classe III.
Classe par classe : que se passe-t-il, que faire, que peut-on faire ?
Classe I : 36 à 48 heures devant vous
La classe I est l’alerte de préparation. Rien n’est fermé, rien n’est interdit : aucun des textes consultés (système d’alerte de la météo, loi sur la gestion des catastrophes, droit du travail) n’impose de fermeture à ce stade. Écoles, bureaux, commerces et transports fonctionnent, sauf décision contraire annoncée par les autorités pour l’épisode en cours.
Météo Maurice demande trois choses : s’assurer que le kit d’urgence est prêt, suivre les bulletins à la radio et à la télévision, et se préparer à protéger fenêtres et portes avec des volets. C’est aussi le moment d’appliquer la liste « avant le cyclone » donnée plus bas : maison en bon état, branches taillées, objets mobiles rentrés, bateau mis à l’abri, centre de refuge le plus proche repéré.
Classe II : la dernière journée complète
La classe II est émise pour laisser, autant que possible, 12 heures de jour avant les premières rafales de 120 km/h. Météo Maurice demande de vérifier que le kit contient tout l’essentiel, de stocker suffisamment d’eau potable, et de continuer de suivre les bulletins. Dans les faits, c’est la dernière journée pour faire les courses, remplir le réservoir et recharger les téléphones.
Il n’existe pas, dans les textes que nous avons consultés, de règle automatique qui ferme les écoles ou les entreprises en classe II. Les décisions de fermeture sont annoncées par les autorités à chaque épisode, par la radio, la télévision et les communiqués officiels : ne comptez pas sur une règle écrite, écoutez l’annonce.
Classe III : le point de bascule
La classe III est le tournant. Elle est émise pour laisser, autant que possible, 6 heures de jour avant les rafales. Météo Maurice demande de terminer tous les préparatifs : poser les volets, sécuriser portes et fenêtres, rentrer les objets mobiles, abriter les animaux domestiques, mettre les véhicules à l’abri, éviter les zones exposées aux marées de tempête et aux inondations. Les personnes qui vivent dans un logement peu sûr doivent rejoindre dès que possible un centre de refuge cyclonique, avec leur kit d’urgence. Et surtout : éviter de sortir.
C’est aussi à partir de la classe III que le droit du travail intervient. L’article 32 du Workers’ Rights Act 2019 prévoit que, lorsqu’une classe III ou IV, ou un bulletin de sécurité, est en vigueur, le salarié peut s’absenter de son travail et l’employeur doit le payer au taux normal pour cette absence. Ce droit dure jusqu’à la levée de l’alerte (ou la publication d’un bulletin de fin) et jusqu’à ce que le salarié puisse revenir : le texte le lie à un moyen de transport fourni par l’employeur ou à la disponibilité des transports publics.
Le même article prévoit le cas inverse. Un salarié que son employeur oblige à travailler sur place pendant ces conditions extrêmes reçoit, en plus de sa rémunération, une allocation égale à trois fois le taux horaire de base pour chaque heure travaillée, et un repas gratuit. Le télétravail est possible s’il n’y a aucun risque pour la vie du salarié ou de sa famille, aucun risque de blessure, aucun risque de dégât à son logement, et pas de coupure d’électricité ou de communication ; il est alors rémunéré au moins deux fois le taux normal. Ces règles figurent dans le texte de la loi ; pour votre cas précis, vérifiez votre contrat et, si besoin, demandez conseil à un avocat ou au ministère du Travail.
Le reste, en pratique, se décide épisode par épisode. Lors de Belal, en janvier 2024, la classe III a coïncidé avec la fermeture de l’aéroport, des écoles et de nombreux bureaux et commerces. Lors de Freddy, en février 2023, elle a coïncidé avec la fermeture de l’aéroport « jusqu’à nouvel ordre » et de la Bourse. Ce sont des précédents, pas une règle : aucun texte ne dit que la classe III ferme automatiquement un établissement donné.
Classe IV : le vent est là
La classe IV n’est pas un niveau de puissance supplémentaire : c’est le constat que des rafales de 120 km/h sont enregistrées en certains endroits et vont se poursuivre. La consigne de Météo Maurice est nette : rester à l’intérieur, se placer dans la partie la plus sûre de la maison, débrancher tous les appareils électriques, écouter les bulletins à la radio et à la télévision. Si la maison commence à subir des dégâts importants, se protéger avec des matelas, des tapis ou des couvertures.
À ce stade, il n’y a plus de choix à faire : on ne sort pas, on ne roule pas, on ne va ni à la plage ni sur l’eau. Le droit à l’absence payée de la classe III continue de s’appliquer.
L’œil du cyclone : le piège de l’accalmie
Quand l’œil du cyclone passe sur l’île, le vent tombe, le ciel peut s’éclaircir, et l’on a l’impression que tout est fini. Météo Maurice est catégorique : ne pas croire que les conditions cycloniques sont terminées. Le calme est toujours suivi de vents violents venant de la direction opposée. Aucune sortie, aucune réparation, aucune visite à un voisin pendant l’accalmie : on attend le signal des autorités.
Bulletin de sécurité et fin d’alerte : on ne sort pas tout de suite
Quand le danger principal est passé, la météo ne se contente pas de dire « c’est fini ». Elle émet d’abord un bulletin de sécurité, qui lève la classe III ou IV et informe le public des dangers qui subsistent : fortes pluies, routes coupées, arbres et lignes électriques à terre. Tant qu’un bulletin de sécurité est en vigueur, le droit à l’absence payée continue, car les risques extérieurs ne sont pas écartés. La fin officielle de l’alerte vient ensuite, après consultation du Comité national de crise, lorsque les risques extérieurs ont considérablement diminué.
Les consignes de Météo Maurice pour l’après-cyclone sont simples : ne pas quitter son abri avant le signal de fin donné par les autorités ; se méfier des lignes électriques tombées, des bâtiments endommagés, des arbres et des cours d’eau en crue ; ne pas consommer les fruits tombés ; faire bouillir l’eau de boisson ; nettoyer la cour et vider l’eau stagnante pour empêcher la prolifération des moustiques et des maladies.
Sortir ou ne pas sortir : le tableau pratique
| Situation | Sortir, circuler | Travailler, aller à l’école |
|---|---|---|
| Aucune classe en vigueur | Oui, vie normale | Oui |
| Classe I | Oui ; on prépare la maison et le kit | Oui, sauf annonce contraire des autorités |
| Classe II | Oui ; on finit les achats et l’eau potable | Oui, sauf annonce contraire des autorités |
| Classe III | À éviter : Météo Maurice recommande de ne pas sortir et d’éviter les zones inondables et exposées aux marées de tempête | Le salarié peut s’absenter, payé au taux normal ; fermetures annoncées au cas par cas |
| Classe IV | Non : rester à l’intérieur, loin des vitres | Idem classe III |
| Ordre du Comité de crise (rester chez soi, couvre-feu) | Interdit, sauf exceptions ; en janvier 2024, urgences, santé, sécurité et soins médicaux | L’employeur ne peut pas exiger de travail en exposition aux intempéries et doit payer la journée |
| Bulletin de sécurité | Pas encore : dangers résiduels (lignes électriques, arbres, crues) | L’absence payée continue |
Qui décide : la météo alerte, le Comité de crise ordonne
Deux autorités différentes interviennent, et on les confond souvent. Météo Maurice émet les classes d’alerte, les bulletins de sécurité et la fin d’alerte. Elle dit où en est le vent. Elle ne ferme ni les écoles ni les routes, et n’interdit rien.
Ce sont le Comité national de crise et le Centre national de commande des opérations d’urgence (NEOC) qui décident ce que l’on a le droit de faire. Le Comité est présidé par le ministre chargé de la gestion des catastrophes et réunit notamment le secrétaire du Cabinet, le commissaire de police, le directeur général du centre national, le chef du service d’incendie et de secours, le directeur de Météo Maurice et le directeur du SAMU. Le NEOC, dirigé par le commissaire de police, coordonne le terrain. Leurs pouvoirs sont fixés par le National Disaster Risk Reduction and Management Act 2016 (articles 16 et 17).
| Qui | Ce qu’il peut ordonner |
|---|---|
| Comité national de crise, après consultation du Premier ministre (art. 16(2)) | Rester à l’intérieur tant que sortir est dangereux ; évacuer des locaux ou un lieu public, ou une zone dans un délai précis ; ne pas s’approcher des rivières, canaux, cours d’eau et falaises ; ne pas aller en mer, sur les plages ni sur les îlots pendant de fortes pluies ou des inondations, et arrêter toute activité extérieure ; déclarer une zone sinistrée et en restreindre l’accès |
| NEOC, dirigé par le commissaire de police (art. 17(4)) | Fermer ou dévier une route dangereuse ; évacuer des personnes à risque, avec la force nécessaire ; utiliser abris d’urgence, établissements d’enseignement, stades ou parkings pour héberger des sinistrés ; faire fermer des passages souterrains ou autres installations |
| Premier ministre, en cas d’état de catastrophe (art. 37) | Réguler la circulation des personnes, des biens et des véhicules ; évacuer vers des abris temporaires ; contrôler l’occupation des locaux dans la zone ; libérer les ressources de l’État |
Désobéir a un coût. L’article 42 de la loi punit le non-respect d’un ordre pris en vertu de la loi, ou le refus délibéré de suivre une directive pendant un état de catastrophe, d’une amende pouvant atteindre 100 000 roupies et d’une peine de prison pouvant atteindre deux ans. Un policier peut employer la force raisonnable nécessaire pour faire évacuer une personne qui refuse de quitter une zone.
Voilà pourquoi le couvre-feu de Belal ne découle pas de la classe III : c’est un ordre du Comité de crise, donné parce que la situation l’exigeait. Il peut venir en classe III, en classe IV, ou lors d’une pluie torrentielle sans aucune classe cyclonique.
Pluies torrentielles, vagues, marée de tempête : trois avertissements à ne pas confondre avec le cyclone
Un cyclone n’est pas seulement du vent. À Belal, les victimes et une grande part des dégâts sont venus de l’eau, et Météo Maurice émet pour cela des avertissements distincts, qui peuvent être en vigueur sans qu’aucune classe cyclonique ne le soit.
L’avertissement de pluies torrentielles
Il est émis lorsque les observations montrent que le cumul de pluie a atteint 100 millimètres dans une région, ou va l’atteindre dans l’heure qui suit, et que la pluie doit se poursuivre. Il est diffusé à intervalles réguliers sur la radio nationale et les radios privées, et transmis en parallèle au Bureau du Premier ministre, à la police, au centre national de gestion des catastrophes et aux ministères de l’Éducation. Les consignes de la météo sont claires : garder les enfants à la maison et ne pas les envoyer à l’école, ne pas s’approcher des rivières et ruisseaux en crue ni des ponts submergés, éviter les longs trajets en voiture surtout dans les zones inondables, ne jamais traverser un pont inondé ni une zone submergée, à pied comme en véhicule, mettre ses biens à l’abri dans les zones inondables et évacuer si l’eau continue de monter, éviter les pentes exposées aux glissements de terrain.
La loi du travail le reconnaît : lorsqu’un ordre de rester chez soi est donné par le Comité de crise pendant des pluies fortes ou torrentielles, l’employeur ne peut pas exiger que le salarié vienne ou continue de travailler s’il est exposé aux intempéries, et il doit payer une journée entière (ou une demi-journée selon la durée travaillée).
L’avertissement de fortes vagues et la marée de tempête
Météo Maurice émet aussi des avertissements pour les fortes vagues causées par des houles venues de loin, et pour les marées de tempête, ces élévations anormales du niveau de la mer provoquées par le vent d’un cyclone. Les consignes tiennent en deux lignes : ne pas aller à la plage ni se baigner, et amarrer tous les bateaux. Une marée de tempête est d’autant plus forte que le cyclone est puissant et étendu et qu’il aborde la côte perpendiculairement ; elle s’ajoute à la marée astronomique. Les houles lointaines, elles, sont plus marquées en marée de vives-eaux, surtout dans les lagons à marée haute, où l’eau gonfle.
C’est la raison pour laquelle la classe III recommande d’éviter les zones sujettes aux marées de tempête et aux inondations. Pour savoir si votre rue, votre terrain ou votre futur logement en fait partie, voir notre méthode pour vérifier une zone inondable avant d’acheter.
Les centres de refuge cycloniques
Météo Maurice demande à chacun de repérer à l’avance le centre de refuge cyclonique le plus proche, et de s’y rendre en classe III, avec son kit d’urgence, si son logement n’est pas sûr. La loi permet au NEOC d’affecter à cet usage des établissements publics : abris d’urgence, établissements d’enseignement, stades, gymnases, parkings. Chaque collectivité locale possède aussi un comité local de gestion des risques et un coordinateur chargé de ces questions.
Nous n’avons pas trouvé de liste officielle publique à jour des centres ouverts par région : elle est communiquée par les autorités au moment de l’alerte. Demandez dès maintenant à votre conseil municipal ou de district quel centre dessert votre quartier, et notez-le avec l’itinéraire à pied ou en voiture qui n’emprunte pas de zone inondable.
Les numéros d’urgence à connaître
- Police : 999 ou 112 (ligne directe de la police mauricienne)
- SAMU (urgences médicales) : 114
- Pompiers (Mauritius Fire and Rescue Service) : 115
Enregistrez-les dans votre téléphone avant l’alerte, et gardez une radio à piles : en cas de coupure d’électricité ou de réseau, c’est le seul moyen sûr de suivre les bulletins.
Avant, pendant, après : la liste complète de Météo Maurice
Avant le cyclone
- S’assurer que la maison est en bon état et peut résister aux rafales.
- Tailler les branches susceptibles d’abîmer la maison, les lignes téléphoniques et électriques.
- Débarrasser le terrain de tout objet mobile qui peut blesser ou causer des dégâts par vent fort.
- Repérer un endroit sûr pour le bateau.
- Connaître le centre de refuge cyclonique le plus proche.
- Préparer un kit d’urgence : radio portable AM/FM avec piles neuves ; lampe de poche, lampes, bougies, allumettes ; récipients d’eau ; conserves, ouvre-boîte, réchaud avec assez de gaz ; riz, farine, biscuits, fromage ; trousse de premiers secours et médicaments essentiels ; vêtements dans des sacs plastique ; caisse à outils pour les réparations d’urgence (marteau, clous, corde).
Pendant l’alerte
- Classe I : kit prêt, bulletins suivis, volets prêts.
- Classe II : kit vérifié, eau potable stockée, bulletins suivis.
- Classe III : volets posés, portes et fenêtres sécurisées, objets mobiles rentrés, animaux abrités, véhicules à l’abri, zones inondables évitées, refuge rejoint si le logement n’est pas sûr, pas de sortie.
- Classe IV : rester à l’intérieur, dans la pièce la plus sûre, appareils électriques débranchés, bulletins écoutés.
- Passage de l’œil : ne pas croire que c’est fini.
Après le cyclone
- Ne pas quitter l’abri avant le signal de fin donné par les autorités.
- Se méfier des lignes électriques à terre, des bâtiments endommagés, des arbres et des cours d’eau en crue.
- Ne pas consommer les fruits tombés ; faire bouillir l’eau de boisson.
- Nettoyer la cour et vider l’eau stagnante pour empêcher les moustiques de proliférer.
Belal, janvier 2024 : une alerte de bout en bout
| Quand | Ce qui s’est passé |
|---|---|
| Samedi 13 janvier 2024 | Maurice est placée sous alerte de classe I |
| Lundi 15 janvier | Alerte de classe III ; l’aéroport ferme et les vols sont annulés « jusqu’à nouvel ordre » ; écoles et nombreux bureaux fermés ; hôpitaux limités à leurs urgences ; des évacuations ont lieu dans des zones inondées. Le Comité national de crise ordonne à tous de rentrer chez eux à 20 heures, couvre-feu jusqu’à midi le mardi (exceptions : urgences, santé, sécurité, soins médicaux) |
| Lundi, Les Pailles | Un motocycliste meurt emporté par les eaux ; à Port-Louis, des véhicules sont charriés par les crues |
| Mardi 16 janvier, tôt le matin | Alerte de classe IV, le niveau maximum ; l’œil du cyclone doit passer à environ 90 km au sud de l’île |
| Mardi 16 janvier, 14 h 10 | Météo Maurice annonce que toutes les alertes cycloniques sont levées ; les vols reprennent dans l’après-midi |
| Mardi après-midi | Environ 10 000 foyers restent sans électricité, selon le Central Electricity Board |
L’enseignement de Belal tient en une phrase : l’alerte mesure le vent, mais ce qui a fait les victimes et une grande part des dégâts, ce sont les pluies torrentielles et les crues. Le danger d’un épisode dépend donc autant de l’eau que du vent : une rue qui se noie, une rivière en crue, un terrain en contrebas. Le risque réel selon l’emplacement d’un bien est détaillé dans notre article sur le risque cyclonique.
Selon votre situation
Vous visitez Maurice
Entre janvier et mars, gardez des billets modifiables et une assurance voyage qui couvre l’annulation pour événement climatique. L’aéroport ferme en classe III dans les épisodes récents ; les vols reprennent après la levée de l’alerte, pas avant. Restez à l’hôtel ou dans votre location dès la classe III, sans tenter de rejoindre l’aéroport.
Vous êtes résident ou salarié
Connaissez vos droits : à partir de la classe III, l’article 32 du Workers’ Rights Act vous permet de vous absenter sans perte de salaire. Enregistrez les numéros d’urgence, repérez votre centre de refuge, préparez le kit avant novembre, et gardez en tête que l’ordre de rester chez soi vient du Comité de crise, pas de la classe elle-même.
Vous achetez ou vous louez
Visitez un bien en saison humide pour voir ce que la saison sèche cache : infiltrations, mare au pied du terrain, rue qui se noie. Faites vérifier la toiture, les volets et l’évacuation des eaux, et lisez notre guide pour assurer une villa contre le cyclone. Locataire, voir l’assurance locataire à Maurice. Le calendrier complet de la saison, les noms des systèmes et les prévisions sont dans le guide de la saison cyclonique 2026-2027.
Sources et vérifications
- Mauritius Meteorological Services – Cyclone warning system (classes I à IV, bulletin de sécurité, fin d’alerte, échelle des systèmes tropicaux)
- Mauritius Meteorological Services – Cyclone precautions
- Mauritius Meteorological Services – Torrential rain warning system et précautions
- Mauritius Meteorological Services – High waves and storm surge et précautions
- Workers’ Rights Act 2019, article 32 (absence en classe III ou IV, travail en conditions extrêmes)
- National Disaster Risk Reduction and Management Act 2016 (articles 15 à 17, 37 et 42), version publiée par la Fédération internationale de la Croix-Rouge
- Gulf Times (dépêche AFP) – Mauritius mopping up after storm Belal wreaks havoc
- AP – Cyclone causes heavy flooding, 1 death in Mauritius
- Wikipédia (en) – Cyclone Belal
- Al Jazeera – Mauritius grounds flights as it braces for Cyclone Freddy
- Mauritius Police Force – Emergency contact numbers et Mauritius Fire and Rescue Service – Customer Charter
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